Le Dupuy de Lôme, bâtiment collecteur de renseignements de la Marine Nationale, est entré au port hier matin. L'escale technique - travaux de coque et système de propulsion confiée à la FCRN - va s'étaler sur trois semaines.
8 h, la silhouette du Dupuy de Lôme, bâtiment collecteur de renseignements de la Marine Nationale, se dessine à l'entrée du chenal. Encadré par un remorqueur et la toute jeune Abeille Octeville, dont c'est là le premier exercice, l'imposant navire s'avance lentement. Sur les quais, ils sont quelques-uns, à la fraîche, à l'attendre de pied ferme.
« Très manoeuvrant »
Avec ses 102 m de long, 16 m de large, la manoeuvre de l'A759 n'est guère aisée. « C'est un petit peu étroit », note avec humour le commandant Henri de Pradier d'Agrain. Même si « le bâtiment est très manoeuvrant », elle a été confiée à un pilote. Et assurée par deux remorqueurs. Par sécurité. « On n'est jamais à l'abri d'un incident électrique. » Quelques heures plutôt, c'est la panne électrique d'un cargo, avec 23 personnes à bord, qui l'a fait se dérouter et porter assistance jusqu'à l'arrivée de l'Abeille Bourbon. Effaçant de sa masse les remparts, le Dupuy de Lôme prend place sur les quais. En attendant de rejoindre la cale sèche, « entre vendredi et lundi ». Pour contrôle des oeuvres vives.
Pas de visite
Confié à la FCRN, le « premier gros arrêt technique » depuis la mise en service du bâtiment, va permettre de vérifier les oeuvres vives, les peintures de coque. L'occasion de contrôler, par sondage, le système de propulsion et les pompes. Un arrêt technique prévu pour trois semaines « mais si tout va bien nous devrions quitter le port le 4 février ». Un temps suffisant pour que les Concarnois, déjà présents sur les quais hier après-midi, viennent jeter un oeil sur celui surnommé les « grandes antennes de la navale ». Mais contrairement aux bâtiments de la Ménagerie, le Dupuy de Lôme ne se visite pas. Pas d'accès au quai, présence permanente, verrouillé le soir. Ici, c'est « secret défense. »
Deux dômes
Bâtiment d'« expérimentation et de mesures », le Dupuy de Lôme a pour mission « de collecter des renseignements d'origine électromagnétiques ». D'où la présence de deux dômes en toile, dont un en forme de ballon de football, et contenant chacun des antennes d'interception satellitaire. À l'écoute de tout type de communication, le Dupuy de Lôme ne s'intéresse qu'à ce qui a un « intérêt militaire ». Des recherches effectuées uniquement dans les eaux internationales lors des deux missions annuelles (240 jours) qu'il effectue (lire encadré). Une activité qui occupe 35 militaires auxquels s'ajoute, lors des missions, la trentaine de renforts de la Direction des renseignements militaires.
Piraterie : des actions conduites dans l'Océan indien
Les patrons de thoniers travaillant dans l'Océan Indien sont inquiets de la multiplication des attaques de pirates somaliens. Même si cela « reste un petit aspect » de l'activité du Dupuy de Lôme, le bâtiment de la Marine nationale « a été engagé pour tenter de voir s'il pouvait obtenir des renseignements sur la piraterie », explique le Commandant Henri de Pradier d'Agrain. Une action conduite « à plusieurs reprises ».