Le parc naturel marin d'Iroise est en état de marche avec un directeur à sa tête, Thierry Canteri, un administrateur des affaires maritimes âgé de 34 ans.
« Soutenir l'activité économique en gardant en ligne de mire l'environnement, je trouvais que l'affaire était belle. Monter une structure de zéro était, aussi, intellectuellement intéressant ». Thierry Canteri, Lorrain d'origine, résume ainsi sa candidature. Arrivé il y a quelques semaines, le directeur entend convaincre de l'utilité du parc, sans crisper certaines sensibilités. « Le contrôle existera mais ne représentera que 15 à 20 % du temps ». Le directeur voit dans la composition du conseil de gestion la possibilité de développer un outil local. « Le président et les deux vice-présidents ne sont pas des agents de l'État », constate-t-il.
Une trentaine
Le siège du parc (*) est situé dans l'ex Radio-Conquet. 600 m², en cours de rénovation, devraient être prêts en juillet. Doté d'un budget d'1 M€ cette année, le parc emploie actuellement six personnes au Conquet et quatre à Douarnenez. En septembre, l'effectif sera de dix-sept et devrait atteindre sa vitesse de croisière fin 2009, avec une trentaine de personnes. « L'idée est de maximiser le nombre de gens sur le terrain », explique Xavier Canteri. Deux semi-rigides de 5,80 m équipés d'un moteur de 90 cv ont été achetés. Un navire un peu plus gros est envisagé.
Opérations en cours
Le parc est d'ores et déjà engagé dans plusieurs opérations. L'Europe est sourcilleuse sur la capture des mammifères marins. Le parc participe depuis mars à un programme de dix-huit mois qui doit permettre de dire si tel ou tel répulsif (« pinger ») est efficace, robuste, et peut être utilisé facilement en acte de pêche. Des bateaux du Conquet participent à ces tests. Audierne pourrait s'y joindre. À cette opération est liée, en lien avec Océanopolis, le comptage de cétacés en mer d'Iroise. Deux survols en avion ont eu lieu pour l'instant. Le parc travaille également avec Ifremer sur un protocole afin de suivre l'évolution des langoustes sur une zone interdite à la pêche sur la chaussée de Sein. Une plongée, à partir d'un bateau de l'île, a eu lieu la semaine passée. Avec le Conservatoire du littoral, le parc essaie de cartographier les ceintures d'algues des îlots de la mer d'Iroise. Des plongées ont eu lieu sur Kervourok et Morgol, au sud de Béniguet. Une réflexion porte sur un projet plus ambitieux, la cartographie du champ d'algues molénais et sa qualité, ce qui permettrait aussi un suivi dans le temps.
* Le parc naturel marin d'Iroise a été le premier parc créé en France, le 28 septembre 2007. Deux autres sont étudiés, sur la côte Vermeil et dans la baie de Somme.