Hier matin, les solitaires ont bénéficié d'un peu de répit après 24 heures particulièrement exigeantes. Un repos de courte durée car désormais, ils vont devoir jouer les funambules avec une dorsale anticyclonique.
Objectif pour les concurrents : éviter de se faire engluer dans les calmes. L'obstacle franchi, le vent redeviendra portant avant de tourner au sud-est et imposer une navigation au près. Face à cette situation, deux plans d'attaque se dessinent même si les écarts latéraux restent peu significatifs rapportés à la distance qui sépare encore la flotte de la porte des glaces. Michel Desjoyeaux poursuit sa route plus au nord avec quelques milles sous son vent, le « Generali » de Yann Eliès. 70 milles plus au sud, on retrouve Sébastien Josse (« BT ») et à son vent, Vincent Riou (« PRB »). Même si les stratégies des marins n'ont rien à voir avec le hasard, les écarts entre les six leaders sont si faibles qu'il faudra en partie compter sur sa bonne étoile pour bien gérer cette zone de transition. « C'est toujours la surprise. Parfois ça passe tout seul et parfois ça traîne un peu », analysait Vincent Riou, hier matin. Il est vrai que dans les tout petits airs que va rencontrer la flotte, les écarts peuvent se faire très vite. Un différentiel de deux noeuds de vent même pendant une demi-heure peut, dans les conditions de la régate au contact comme actuellement sur la Transat anglaise, permettre soit de s'échapper, soit au contraire de perdre un précieux terrain. Et l'instabilité des prévisions météo ne facilite pas la vie des solitaires. Depuis le départ de Plymouth, les deux modèles (américain et européen) divergent et il est bien difficile de prévoir les choses. On peut imaginer que les heures de sommeil engrangées hier matin seront très utiles dans les heures à venir. La lucidité sera une nouvelle fois primordiale. Le rythme « Figaro style » selon Sébastien Josse ne va pas mollir... Ça tombe bien, les six leaders ont tous pendant de nombreuses années user leur fond de cirés sur les monotypes.
Pointage, hier à 18 h
Monocoques 60 pieds :
1. Michel Desjoyeaux (Foncia) à 2.039,9 milles de Boston ;
2. S. Josse (BT) à 7,1 milles du premier ;
3. Y. Eliès (Generali) à 7,5 m ;
4. L. Peyron (Gitana Eighty) à 8,5 m ;
5. V. Riou (PRB) à 9,4 m ;
6. A. Le Cléac'h (Brit Air) à 33,5 m ;
7. S. Davies (Roxy) à 143,1 m ;
8. M. Guillemot (Safran) à 184,4 m ;
9. A. Boissières (Akena Vérandas) à 184,6 m ;
10. Y. Bestaven (Cervin EnR) à 218,2 m ;
11. S. White (Spirit of Weymouth) à 219,7 m ;
12. D. Caffari (Aviva) à 244,3 m ;
13. U. Basruko (Pakea Bizkaia 2009) à 279 m.
40 pieds :
1. Giovanni Soldini (Telecom Italia) à 2326,8 milles de Bos ton ;
2. Y. Noblet (Appart City) à 16,4 milles du premier ;
3. B. Herrmann (B eluga Racer) à 24,1 m.